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Présentation historique

Présentation historique de la commune de Montréal La Cluse

(Présentation issue du recueil du pré inventaire  « Richesses Touristiques et Archéologiques du Canton de Nantua »)

Située à 6 kilomètres de Nantua, sur l’axe Lyon-Genève, Montréal-La-Cluse, s’étend sur 1 282 ha 19 a.

La commune de Montréal comprenait plusieurs hameaux dont, La Cluse était le principal : carrefour ferroviaire et routier, à la fin du XIXe siècle, La Cluse prit de l’importance. A partir de 1960, la construction des lotissements de La Plaine et de l’Ange fit de Montréal et de La Cluse une seule agglomération. En conséquence, à partir du 1er janvier 1980, le nom officiel de la commune devint Montréal-La-Cluse.

Graphies anciennes : De Monte Régali 1280, Apud Montem Regalem 1299, Curatus de Montréal et de Sénoches 1325, In Burgo Montis Régalis 1347, Le baillage de Montréal 1650, la Châtellenie de Montréal XVIIIe siècle, Delilia de Croze 1789.
Les habitants sont appelés les Montréalais.

L’agglomération s’allonge, depuis les bords du lac de Nantua, dans une plaine qui, de Saint-Martin-du-Fresne, s’étend vers le nord, entre les montagnes du Don et de l’Antessard. Sa vaste forêt se développe sur le plateau en arrière du « Don », jusqu’à Apremont, avec un dénivelé de 900 à 1000 m.

Le Lange (ou l’Ange) descendu d’Apremont par Oyonnax, Bellignat et Martignat coule en un lit sinueux ombragé de saules. Il porte ses eaux à l’Oignin après un parcours de 4km sur le territoire de la commune. Il reçoit à gauche quelques torrents : le plus important est le Landeron (ou Landeyron) qui coule dans une gorge profonde après avoir recueilli les eaux depuis la Latte et la Tour. A sa limite méridionale, la commune confine au lac de Nantua et au Bras du Lac qui conduit ses eaux à l’Oignin.

Les hameaux s’égrènent le long du grand S que forme la route Lyon-Saint-Claude :
– La Cluse, au carrefour des nationales, altitude 476m;
– Le Landeyron, à la rencontre de la route nationale et du vallon du bief du Landeyron;
– Le Grand Pont et la mairie, situés au bord de l’Ange, à la jonction de la nationale et de la route montant au vieux Montréal :
– Les Narix, nouveau quartier à l’extrémité d’un branchement quittant la nationale à droite, peu après la sortie du Grand Pont ;
– Le Martinet, situé dans « les étroitures » de la vallée de l’Ange, à l’extrémité nord de la commune;
– Sur le pic situé à l’est et en avant de l’Antessard, fut construite aux environs de 1245, la première forteresse des Sires de Thoire et Villars, baptisée « Mons Régalis » (Mont Royal) ; ce puissant seigneur créa la « Ville » de Montréal au pied de son château.
Sur l’axe routier et ferroviaire, La Cluse-Bourg par le col du Berthiand sont situées :
– la Prairie, autour d’un ancien moulin jouxtant les deux ponts sur l’Ange.
– puis la nouvelle zone industrielle du Musinet, extrémité sud-ouest de la commune.

Population

La statistique de Bouchu en 1666, déclare que la paroisse se compose de la ville seule, sans aucun hameau. La population est évaluée à soixante chefs de familles; pauvres à cause des guerres contre le Comté de Bourgogne.
La moyenne d’âge, calculée à partir de 123 décès, entre 1687et 1694, est de 26 ans, âge nettement inférieur à la moyenne de l’époque.

En 1790, la population était de 674 habitants répartis en 152 feux. En 1802: 811 habitants- 1896: 1153 habitants— 1921: 958 habitants — 1946: 1213 habitants— 1990: 3509 habitants. 2018: 3481 habitants Mais il faut toutefois établir un parallèle entre le développement de La Cluse et la stagnation de Montréal.

HISTOIRE

L’histoire de Montréal-la-cluse commence à Senoches où existait au nord du bief du Landeyron un village celtique.
Ensuite s’installa à Orindis, au sud de ce même bief, un vicus gallo-romain. Orindis fut probablement détruit par l’invasion burgonde.
Après la destruction d’Orindis, un habitat se développa autour de l’église de Senoches édifiée sur une structure plus ancienne. Il est fait mention de cette bourgade dès 855 dans un acte de l’empereur Lothaire et en 1145 dans une bulle du pape Eugène III.

Montréal est né de la volonté des sires de Thoire : en 1170, Humbert par son mariage avec Alix de Coligny reçut Brion et Senoches, puis Étienne II construisit vers 1244-1248, sur un roc escarpé, au nord du château de Brion qui existait déjà, un château qu’il appela Montréal (Mons Régalis).
Il fit appel aux gens de Senoches pour le construire, puis par la suite, pour édifier une enceinte au bas des rochers. Il leur accorda alors des franchises en avril 1287. En 1294, Montréal possédait déjà une école de formation de clercs. Il n’y eut bientôt plus qu’un seul curé pour les paroisses de Montréal et Senoches, et, dès le XVIe siècle, ne subsistait de cette dernière que sa petite église oubliée.

Après deux siècles de luttes parfois sanglantes avec les prieurs de Nantua, les sires de Thoire et Villars, en la personne de Humbert VII, vendirent leurs terres de montagne au Comte de Savoie AmédéeVIII.
Le 13 septembre 1414 un des officiers du comte de Savoie s’installa au château : des travaux de fortification firent de cette place « la ville capitale des possessions de montagne » des comtes puis ducs de Savoie.

Le 2 novembre 1523, Montréal fut vendu à Laurent de Gorrevod, Comte de Pont de Vaux. Une clause de rachat, immédiatmement appliquée, ramena la ville forte aux mains de CharlesIII, Duc de Savoie, qui la vendit et l’inféoda, le 1er septembre 1529, à messire de la Chambre, Baron de Meximieux.

En avril 1566, la terre de Montréal fut rachetée par Louis Odinet, Baron de Montfort qui n’en prit possession qu’en 1571, après avoir remboursé le montant de sa dette, aux héritiers de Louis de la Chambre. Montréal depuis le 22 juillet 1570 avait rang de Comté ; Louis Odinet le légua à son neveu Georges de Mouxi, seigneur de Saint Paul, qui le laissa à sa fille Gasparde.

Le château féodal fut détruit en 1602, puis reconstruit pour faire face à la guerre des Comtois et définitivement abattu en 1635.

Entre 1622 et 1720, à la suite de mariages et d’héritages, le Comté appartint à Louis de la Chambre de Seyssel, Marquis d’Aix, époux de Gasparde, puis à ses descendants. En 1720 il est vendu à Bernard de Budé; en 1757, les héritiers de celui-ci le cédèrent à Charles Joseph de Douglas, seigneur de Mépillat, Chiloup et Hautepierre ; son neveu Archambaud fut le dernier seigneur Comte de Montréal.
Montréal gardait cependant ses attributions judiciaires sur Bellignat, Giriat, Groissiat, Oyonnax, Peyriat, Saint-Martin-du-Fresne, Condamine-La-Doye, Martignat, Nerciat, Alex, Evron, Charbillat et pour moitié sur Volognat, Chevillard, Le Balmay.
Les condamnés étaient pendus aux fourches de Port, quant aux hérétiques ils étaient brûlés au mollard de Mottant.

Des halles, restaurées au XIVe siècle.comme le prouvent des lettres patentes d’Humbert VII de Thoire et Villars du 26 octobre 1384, attestent que, très tôt, cette cité eut une grande activité ; situées à l’angle des chemin de la Halle et de la rue de la Ville, elles ont disparu dans l’incendie de 1779 qui détruisit le tiers de la vieille ville.

On se préoccupait constamment de l’amélioration des voies de communication et jusqu’à la Révolution la grande levée en terrassement, qui traverse le Couloux, fut un lieu de corvée pour tous les habitants de la communauté. Ceux-ci s’en plaignaient encore dans les cahiers de doléances.
Montréal fut aussi un centre administratif important : au XVIIe et XVIIIe siècles, la famille Delilia fournissait à chaque génération les châtelains notaires, les juges et les avocats au Comté.

Dès le milieu du XVIIe siècle la vie économique devient plus intense et évolue rapidement. Au Martinet une grande roue à aube, installée par Charles Joseph Douglas, actionne des marteaux qui façonnent le métal, fabriquent des clous et des tiges ; cette activité prend fin avant la Révolution. Le travail du bois a déjà pris le relais.

La plus ancienne scie du pays « la scie de montréal » était située à l’entrée du moulin Montange, près du château dont elle dépendait.
Au moment de la Révolution, la scierie du Martinet, au bord de l’Ange sur la route d’Oyonnax, traitait l’autre moitié des bois de la commune. Totalement détruite, y compris la maison du scieur, par un incendie le 13 fructifor an III (31 août 1795) elle fut reconstruite par Louis Archambaud Douglas.
Le travail du bois garda une grande importance dans la commune : plusieurs scieries virent le jour entre 1870 et 1917; à La Cluse la dernière a disparu en 1988, celle du Martinet cessera bientôt son activité.

Dès 1846, le travail de la soie occupe près de 100 métiers. En 1859, le conseil municipal constate, que plus de la moitié des habitants de la commune travaillent ou dépendent du travail de la soie. Mais dès 1861, il déplore « la stagnation qui règne dans les affaires industrielles et surtout dans la soierie ».
En 1863 à La Cluse, une usine de tissage de la soie est organisée sur le modèle de Jujurieux, grâce à l’arrivée de trois sœurs contremaîtresses de la congrégation de Saint Joseph : 72 jeunes filles y travaillent et vivent en internat.
En parlant de La Cluse, A. Cartel écrit dans le Courrier de l’Ain du 20 janvier 1870: « c’est partout un cliquetis de métiers de soierie des plus assourdissants. Pas une maison qui ne soit remplie de métiers à tisser ; pas une personne qui n’ait un emploi dans cette industrie que semble avoir établi là son quartier général. Cinq représentants des principales maisons de Lyon y ont leur centre d’affaires. Des constructeurs de métiers, des tourneurs, des mécaniciens y sont constamment occupés ».
A la veille de 1914, il ne restait qu’une usine de soierie en activité et deux succursales d’ateliers lyonnais. A la place, s’installa et se développa le travail du plastique.

L’agriculture, autrefois essentielle se maintint longtemps : en 1914 Montréal compte encore 70 exploitations, mais disparurent bientôt, d’abord les foires, puis les agriculteurs eux-mêmes; il n’en reste plus que deux aujourd’hui.

La vie quotidienne s’améliora régulièrement : création d’un nouveau captage public des eaux. Les travaux débutèrent en 1860 (conducteur de travaux E. Lardière) pour permettre l’arrivée et la répartition de l’eau en grande quantité dans les fontaines du bourg.
Puis un bureau de téléphone fut installé en 1906 dans l’ancienne mairie et en 1907 une recette de poste auxiliaire.

La Cluse

La Cluse doit sa naissance et son développement à sa situation géographique. Dès 1331 elle est citée dans une transaction entre le prieur de Nantua et Humbert V de Thoire et Villars, seigneur de Montréal, pour la délimitation de leurs domaines. On y parle de la Maladière de La Cluse ; ce n’était qu’un hôpital de quelques maisons dispersées sur la route des pèlerinages vers Saint-Jacques de Compostelle.

Vers 1750, à l’emplacement actuel, il n’existe pas encore de maisons.
Le premier plan connu, daté de 1769, montre six maisons.

Au XVIIIe siècle, l’amélioration et le développement des routes royales entraînent, à La Cluse, la création de relais, l’un au carrefour des routes Lyon-Genève et Genève-Bourg, l’autre sur la route La Cluse-Saint Claude. Cette situation privilégiée entraîna ensuite l’ouverture des voies ferrées et l’installation d’une gare au croisement de trois lignes. La Cluse devint ainsi un centre commercial rural, puis industriel.

En 1894 un bureau de télégraphe fut installé dans une maison achetée par la commune à M. Dumont, il remplaçait la boîte à lettres mobile existant en gare depuis 1880, un bureau de poste fut concédé ensuite par l’administration en 1895, il entrera en service en 1898 et fut connecté au réseau téléphonique en 1903.

La première construction importante marquant le début du développement de l’agglomération fut la salle des fêtes et le bureau de poste de La Cluse.

De nos jours La Cluse reste un carrefour routier important malgré la construction de l’autoroute A40.